Rétrospective #1 | L'IMPLOREUR


Dans le cadre de la rétrospective Mathieu Isabelle, nous vous présentons sa première oeuvre de grand format,


L'IMPLOREUR


SA PREMIÈRE OEUVRE MONUMENTALE


En 2010, maintenant convaincu depuis quelques années qu’il est un artiste, Mathieu Isabelle désire plus que tout de vivre de son art.


Convaincu qu’il peut aspirer à une belle carrière, malgré le fait que ce milieu et très difficile, surtout au Québec, il recherche donc une façon de s’imposer, de faire connaitre son art.


Ses œuvres, principalement des hauts reliefs, sont appréciées, mais il est difficile de se faire connaitre et d’établir une notoriété. C’est à ce moment que l’idée lui vient de créer une œuvre de grand format qui sera vue de tous et attirera l’attention.


Puisqu’avant 2010 il travaillait principalement l’acier, dans le but d’améliorer les techniques qu’il avait utilisées pour ses œuvres précédentes et parce qu’il désirait concevoir une œuvre extérieure, qui demeurerait intacte à travers le temps, l’acier inoxydable s’imposa par sa grande résistance et sa qualité.


L'IDÉE DE L'IMPLOREUR


À ce point de sa carrière, Mathieu a un objectif très clair : vivre entièrement de son art, être reconnu pour son travail.


Il créa donc L’IMPLOREUR, afin d’implorer Dieu de lui permettre d’atteindre son but.


LA CONCEPTION


La conception débuta en septembre 2010 et s’acheva seulement avril 2011, le plus long temps alloué à la création d’une de ses œuvres, puisqu’elle fut entrecoupée de contrats ponctuels pour lui permettre de payer les factures!


Visant à déstabiliser les futurs spectateurs de son œuvre, il décide qu’elle aura entre 9 et 10 pieds de hauteur en se basant sur le fait que, selon lui, une dimension inférieure est trop commune dans les objets de tous les jours; « on est habitué à voir un plafond de 8 pieds, ça doit être plus grand que ça! »


Dans son atelier de l’époque, à Saint-Jérôme, il commence son œuvre, en travaillant à partir de ses propres mensurations qu’il reporte selon un ratio pour obtenir la hauteur finale désirée.


À l’aide d’une règle malléable, déposée sur rétroprojecteur, il reproduit chacune des courbes. (Une technique qu’il abandonnera après cette œuvre)


À ce stade, il fabrique chacune des parties du corps séparément, en plaques de métal de 1/8 d’épaisseur. Le design ne contient alors aucune tige perpendiculaire.


Puisque son atelier de l’époque était trop petit, l’œuvre dut être assemblée à l’extérieur.

Une fois à l’extérieur, l’œuvre ne semble malheureusement pas avoir la robustesse espérée et semble instable, de plus, l’hiver est arrivé et travailler dehors n’est vraiment pas l’idéal!

Il décide donc de « coucher » l’œuvre pour la poursuivre dans l’atelier et entreprend d’intégrer des plaques perpendiculaires pour maximiser la solidité de l’oeuvre.


L’œuvre est maintenant conçue de « carrés » ; ça y est, son style, tel qu’on le connait maintenant, est né!


En regardant l’œuvre et les carrés formés, l’idée lui vient d’intégrer des plaques ultras brillantes, aléatoirement, qui contribueront à la solidifier, à créer de la brillance et qui apporteront un style unique.


Au moment d’envisager le fini intérieur de l’oeuvre, il optera pour un fini de sablage au jet. Il achètera donc un équipement, qui n’a rien de professionnel, et effectuera le sablage au jet lui-même.


C’est donc avec de l’équipement vraiment « de base » dans un abri de fortune qu’il passera 2 semaines à sabler au jet l’intérieur de l’œuvre. (Dès la prochaine œuvre, ce procédé sera confié à des experts qui le feront en quelques heures à peine!)


Lorsqu’il décida du fini extérieur de l’œuvre, son projet représentait déjà un investissement considérable, il eut donc recours à un petit coup de main financier de la part de son père pour l’achat du matériel nécessaire à l’étape ultime de finition. Prêt à entamer la dernière étape de l’œuvre : la finition, il ressortit l’œuvre de l’atelier.


À ce moment, il vécut une énorme déception, un découragement dont il se souvient encore; après des mois de travail, alors qu’il se préparait à la dernière étape, une fois l’œuvre debout il fit le constat qu’elle n’était toujours pas très stable; elle semblait encore manquer de tonus.

Il du donc retourner l’œuvre dans l’atelier et renforcer chacune des artères principales en les doublant de tiges d’un acier plus épais. Une étape qui n’était pas prévue et un sentiment de recommencement qui fut dur sur le moral!


Mais, il sut immédiatement que l’investissement de temps et d’argent en valait la peine lorsqu’il ressortit l’œuvre, la remise debout directement dans son entrée pour procéder à la finition; elle était superbe! Dans ses mots : « Elle était écoeurante, carrément écoeurante! »

Les gens commençaient à arrêter dans la rue, venaient admirer l’œuvre et lui posaient 1001 questions.


Même si les commentaires au sujet de ses œuvres précédentes étaient toujours très positifs, l’engouement pour l’Imploreur n’avait rien à voir avec ce à quoi il était habitué.

Il mit une photo sur Facebook qui généra un nombre de partages auquel il ne se serait jamais attendu. Quelques 10 000 « likes » plus tard, il le savait, il venait de créer quelque chose!


LA VENTE DE L'OEUVRE


En mai, sur Facebook, on le contacta pour se joindre à un artiste exposant au SIDIM. L’évènement avait lieu à peine quelques jours plus tard.


N’ayant pas encore l’équipement pour cette éventualité, l’Imploreur partit donc pour son premier voyage … sur une remorqueuse!


Puis, 2 semaines plus tard, on le contacta: son œuvre avait été proposée à M. Vincent Guzzo qui l’avait justement vu par hasard lors de son déplacement pour le SIDIM; M. Guzzo désirait s’en porter acquéreur!


En étant l’acheteur de sa première oeuvre monumentale, M. Guzzo fut le premier à contribuer au changement de cap de la carrière de Mathieu vers les œuvres grand format.


LE DON AU CHUM


Même si elle fut vendue, à peine 3 mois après sa conception, le processus de prise de possession prit plusieurs mois, entre autres, puisqu’elle avait été acquise pour en faire don à un organisme ou une œuvre de bienfaisance. Ce n’est donc que plus tard qu’il apprit que son œuvre serait finalement offerte au CHUM, après l’exploration du projet initial de l’offrir à New York.


À peine quelques jours après son anniversaire, Mathieu se retrouvait donc en pleine conférence de presse pour commenter l’achat, puis le don de sa première œuvre monumentale au Centre hospitalier de l'Université de Montréal.


Le début d’un impressionnant parcours…



L'Imploreur | Mathieu Isabelle Artiste Sculpteur

L'IMPLOREUR Année : 2010 Dimensions : 10 x 6 x 12 pieds Matériaux : Acier inoxydable

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